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L'importance des jeux sous blister, les ouvrir, les préserver ?

Le but premier d'un jeu vidéo est d'y jouer. Depuis une décennie, on assiste à un tournant. Le rétrogaming est désormais affilié à l'art. Gameplay, scénario, graphismes, illustrations des jaquettes… le jeu vidéo est avant tout contemplatif. Il n’est donc pas étonnant que certains jeux soient considérés comme des tableaux de maître, à commencer par les blisters.

Lorsqu’un joueur découvrait la première heure de Shenmue sur Dreamcast, il pouvait dire :

« Je ne joue pas à un jeu vidéo, j’interagis désormais avec une œuvre d’art. »


Contrairement aux idées reçues, le blister a sa propre histoire. Il raconte quelque chose. Il montre à quoi ressemblait un jeu neuf dans un magasin des années 1980, 1990 ou 2000. Il permet de s’immiscer, le temps d’un instant, dans un rayon de magasin à l’époque de la commercialisation des consoles d’antan. La production, la commercialisation, la logistique de l'industrie sont des sujets très peu documentés.

Il faut se remettre dans le contexte d’une époque où invendus signifiaient destruction. Il est ainsi étonnant de découvrir des blisters ayant traversés les âges sans avoir été ouvert. C'est impressionnant de trouver des jeux neufs 30 ans après. C'est même un exploit.


Dans les années nonantes, certains jeux étaient produits en quantité ultra limitée, on parle de quelques milliers de pièces pour Megaman X3 Super Nintendo. Existe-t-il une copie neuve de ce titre SNES à quelque part ? Si oui, cet exemplaire devra absolument être sauvé d'une ouverture.

Les blisters rigides sont typiques de la France. Ils en existent dans d'autres pays mais c'est anecdotique. Les collectionneurs du monde entier envient ce format de jeu neuf. À nous de faire perdurer ces boitiers rigides dans le temps, de les documenter. Il est impossible de dire aujourd'hui si tous les jeux d'une machine ont été vendus en rigide. C'est en trouvant de nouveaux titres dans ce package que nous pouvons établir une liste. Peut-être aurions-nous dû nous inquiéter de préserver les blisters rigides il y a 20 - 30 ans ?


Sur Dreamcast, je cherche depuis 8 ans à savoir si Evolution 2 et Taxi ont existé en rigide. Ce sont des jeux édités par Ubisoft. Les autres jeux de l'éditeur existent tous au format rigide donc pourquoi pas eux ? Les exemplaires de la BNF ont été ouverts. Il n'est donc pas possible de le savoir car personne n'a pensé à les répertorier à l'époque.

Sur la dernière machine de Sega, les deadstocks sont nombreux. Beaucoup de personnes achètent des jeux en blister souple pour changer les boîtes bleues qui sont fragiles. Or, les stocks ne sont pas infinis, la source se tarit. Il y a 11 ans, on voyait de nouveaux shippings box de jeu neuf tous les jours sur Ebay, aujourd'hui, si nous en voyons 10 par année, nous sommes heureux. Ils seraient peut-être judicieux d'envisager de garder quelques exemplaires de blisters souples pour ne jamais les ouvrir.


Dans la préservation, les associations sont contre le blister car pour elles, seul le contenu importe. Sauf que la majorité des titres toutes machines confondues sont déjà préservés et répartis dans les associations ou les musées du monde entier. Donc pourquoi les ouvrir si cela a déjà été fait par quelqu'un d'autre. Ne faut-il pas justement préserver le blister ?


Qu'en pensez-vous ? Devons-nous considérer le blister comme un élément important du jeu vidéo et le préserver comme on le ferait avec un titre d'occasion ?


Correction de l'article : Régis Monterrin

Son petit site fort sympathique : http://www.terredejeux.net/



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